La bande à Thom Yorke au Parc Kayarkon

July 20, 2017

"Au final on est là pour faire de la musique" Thom Yorke, 19 juillet 2017

 

 

47 000 personnes, réunies sur la pelouse desséchée du Park Hayarkon… Alors que le soleil se couche, une première partie rythmée par les amis de Radiohead : Dudu Tassa et Shye Ben Tsur font danser la foule sur des rythmes orientaux et électriques.

 

Radiohead se fait largement désirer. Mais ils sont là. Pour un concert de plus de deux heures, 27 titres… C’est le plus long concert de Radiohead depuis 11 ans.

 

Une façon pour la bande à Thom Yorke d’afficher son affection pour Israël, et de donner une dimension toute particulière à ce show tant attendu, et pourtant si décrié.

 

Le groupe commence timidement. Une première partie lente, un « thank you », et alors que le concert semble déjà être fini Thom Yorke se réveille. Il était temps, car j'étais presque sur le point de partir.

 

« Yallah » crie alors le leader du groupe de rock, un commentaire bref mais simple pour exprimer son point de vue sur les controverses autour de cette performance du groupe à Tel Aviv. J'ai entendu certains israéliens s'en plaindre. Mais qu'importe, les israéliens ne sont jamais contents.

 

Le show est ouvert avec Daydreaming, puis Lucky. Le groupe interprète ses grands titres d’Ok Computer, d’Amnesiac, ou de Kid A, et garde l’énergie au niveau avec « Myxomatosis ». C’est durant cette chanson qu’à Glasgow, Thom Yorke avait affiché un doigt d’honneur à son public. Un public perturbant, armé de drapeaux palestiniens, et de pancartes affichant « Annulez votre concert à Tel Aviv ».

 

Le groupe quitte la scène après Idiotheque. Et tandis que la foule attend, la bande à Thom Yorke revient avec « No surprises ». Lorsque le chanteur arrive à ces paroles “Bring down the government, they don’t speak for us”, des applaudissements impromptus s’élèvent de la foule. Il faut croire que les 50 000 personnes réunies au park hayarkon ne sont pas likudnikim.

 

Le concert se poursuit avec un autre titre chéri par les fans « Paranoid Android ».

 

Le chanteur a certes pris quelques rides, mais ne change pourtant pas. Un homme discret dans son jeans noir, cheveux grisonnants et attachés, passionné, et peu bavard, mais qui s’exprime toujours au bon moment.

 

« Nous étions ici en 1993, un endroit qui s’appelait le Roxan. Pas vrai Johnny ? Et je crois qu’on a joué cette chanson »… c’est alors que les premières notes de Creep retentissent “I’m a creep. I’m a weirdo. What the hell am I doing here? I don’t belong here” fredonnent 47 000 creeps d’une même voix.

 

Thom Yorke est égal lui-même, il est ici pour ses fans et sa musique et il le fait savoir dans un coup de génie final, il lance « beaucoup de choses ont été dites sur cela (le concert à tel aviv). Au final, on est là pour faire de la musique », et la dernière chanson commence, « Karma Police » de l’album Ok Computer.

 

Un moment très fort, pour conclure deux heures de concert. Thom Yorke fait même durer le plaisir et ajoute un refrain, pour que ce moment de gloire ne s’achève pas…

 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Il est temps de partir. Imaginez maintenant la scène, 50 000 personnes venues de tout le pays qui essaient de prendre le bus. Autant dire que le retour a été long et difficile.

 

 

C’est la 4ème venue de Radiohead en terre promise, et ce ne sera sûrement pas la dernière.

 

Le groupe a été découvert pour la première fois en Israël au début des années 1990 lorsque l’animateur radio Yoav Kutner dans son émission 'Zehou ze' joue le titre aujourd’hui phare du groupe - « Creep » de l’album « Pablo Honey » 1993.

 

Les israéliens tombent amoureux, Radiohead s’est trouvé un public fidèle, alors même que le groupe ne cartonne pas encore en Angleterre.

 

La chanson est même reprise en 1995 dans une publicité de la marque Castro, une marque israélienne, c’est ainsi que le groupe se popularise en Israël.

 

Ce concert s’inscrit dans le cadre d’une tournée mondiale, et coïncide également avec l’anniversaire des 20 ans de l’album qui a donné son nom à Radiohead, « Ok Computer ».  Mais il faut croire que cette performance avait une saveur toute particulière pour le groupe. Thom Yorke et ses musiciens ont du combattre les appels au boycott, lancés par de nombreux artistes de haut rang. Leurs derniers concerts ont été animés par des activistes pro-palestiniens. Et le groupe a répondu à ces appels, en invoquant la condescendance de Roger Waters. Le guitariste du groupe Johnny Greenwood a particulièrement été touché par ses appels à annuler le concert. Il est lui-même l’époux d’une israélienne Sharona Katan. Ils ont d’ailleurs trois enfants aux prénoms très israéliens : Tamir, Omri et Zohar.

 

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